lundi, septembre 20

Adieu, monsieur Saint-Eloi, chapeau bas Patrick.


Petite, je me rappelle, j’ai connu Patrick Saint-Eloi de nom, comme étant membre du groupe Kassav’.
Mais contrairement à Jacob Desvarieux et Jocelyne Béroard, sur une photo de groupe, vous m’auriez dit, y a encore 4 jours, " Patrick Saint-Eloi, c’est lequel ?" Je n’aurais pas désigné J.B ou J.D, mais j’aurais hésité en cherchant dans mes souvenirs, un ti moment, qui cela pourrait bien être… un visage… Avant de le désigner par élimination et en me disant " ce visage me dit quelque chose "…




Il se trouve en effet, que je connais surtout les tubes de kassav’, avec lesquels j’ai grandi, pas forcément en sachant les noms et les visages de chacun. Ni en cherchant à les connaître. A l’époque, j’étais une gamine avec des bouquins, des dessins animés et des séries télés pour enfants dans la tête, qui fredonnait les refrains, de " scié bwa ", et " zouk la sé sel médikaman nou ni " . Seule la médiatisation répété sur certains m’a permis d’associer nom/visage pour 2 membres du groupe.


Apparemment, " PSE " (un diminutif qui me semble bien plus compliqué à dire que " VSK "… :-)) était un homme discret...Eh bien, ça ne m’a pas aidé… Il m’a même fallu près de 24 heures pour faire le lien entre lui et une vidéo musicale, d’une chanson faite avec Daly, que j’ais mise sur Daylimotion y a plus d’un an maintenant… et encore, grâce à un fragment d’image du clip, vu sur un montage hommage, dans un JT local…





Ce n'est également, qu'après plusieurs heures, que je me suis rappelée l'avoir vu l’air malade, brièvement, dans un reportage y a plusieurs mois, dans le JT d’une autre chaîne locale, et avoir appris que "cet homme à l'écran" avait un cancer, sans pour autant faire un lien là non plus, ni avec son nom, ni avec le groupe…En plus des artistes avec un cancer, c’est devenu monnaie courante au Antilles ces dernières années… A croire qu’on ne peut plus mourir de vieillesse sur nos îles…
Enfin, c'est après un reportage qui rappelait son départ du groupe Kassav’, début des années 2000 que je me suis dis: " ha, ouais, j’avais vu ça "… (Probablement avant de partir faire mes études…)


Mais ce 18 Septembre 2010, après une brève recherche sur le net, j’ai redécouvert ses chansons, et surtout 2 d'entre elles, magnifiques, que je connaissais très bien, qui m’ont rappelé mon enfance et mon adolescence. A l'époque, je ne savais pas qu'elles étaient de lui, que c’était lui, le chanteur : « Si sé oui » et « West Indies »






Eh bien je peux vous dire que j’étais bien triste. Pas vraiment à cause de sa mort, après tout, il devait souffrir avec ce cancer, mais parce qu’il n’est plus là pour continuer à écrire et à chanter… En écoutant à nouveaux ces chansons, j’ai redécouvert les Antilles, la vrai belle musique zouk, style lover. Avec toute la classe et le savoir des mots, qui manque à beaucoup dans le zouk love actuel, et j’étais déçue de ne pas avoir porté attention à son travail plus tôt, su l'étendue de son oeuvre avant…

J’ai découvert un crooner, un amoureux des femmes, un maître du créole (Face à tous ces "zouk lovers" actuels, qui ne chantent quasiment plus qu’en français avec des anglicismes limites et un créole du "93 " voir pire…ça fait du bien), et un homme qui a su mettre en chant zouk, et avec douceur, quasiment tous les maux des Antilles…comme dans le morceau "Limyè ".






Je ne sais pas du tout si j’ai eu l’occasion de le rencontrer un jour, de le croiser, ou même de le " voir en vrai ", peut-être, qui sait ? De toutes les façons, je savais visuellement à peine à quoi il ressemblait, le déclic aurait été faible...

En tout cas il nous laisse sa musique, ses chansons, donc rien n’est perdu. Comme pour Eugène Mona, toutes les générations à venir auront l’occasion de l’écouter, peut-être même de l’étudier et ainsi, tous sauront qui était Patrick Saint-Eloi. Si ça se trouve, ils hésiteront moins que moi pour l’identifier sur une photo, comme j’en suis capable aujourd’hui pour Eugène Mona, que je n’ai pas eu le temps de connaître de son vivant, juste le jour de sa mort...
Adieu, Monsieur Saint-Eloi, chapeau bas Patrick, merci pour ce que tu nous a apporté.

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