jeudi, septembre 2

LGBT: "Persona non grata" aux Antilles





A quand un "kiss in" à Fort de France ou à Point-à-Pitre, sans que les participants risquent les insultes, voir leur vie?



Agressions, licenciements avec motifs douteux, moqueries, etc... Les conséquences d'un "comin'out" sont rudes, sur nos îles culturellement homophobes.


Je dis "culturellement" car cela s'entend beaucoup dans les paroles d’homélie à la messe du dimanche (85% de la population est catholique, avec 70% de pratiquants (surtout des pratiquantes)), et dans certains styles musicaux ( dance hall notamment).


Par exemple, il n'y a jamais de zouk love "homo". Seules quelques chansons écrites avec un style "asexué": valables pour toutes les sexualités, mais toujours clipé hétéro. Ou parfois, des chansons issues d'un(e) parolier(ière) homo, chanté par un interprète du sexe opposé au destinataire.

SA KI SAV SAV, SA KI PA SAV PA SAV...



Vraiment, une telle manifestation ne pourrait se faire qu'avec des gens qui ne vivent pas surplace, afin d'éviter le pire : meutres ou suicides.


Toujours à faire les "makoums", et des "mariages burlesques" au carnaval, mais pas moyen d'accepter les homosexuels au quotidiens.
 En fait, oui, mais tant que c'est chez les autres, n'est-ce pas ?

Combien de "lettres de suicides"(quand y en a... ) sont des "comin'out" aux Antilles? Probablement la majorité chez les jeunes... Après les cas de suicide suite à un (des) viol(s) ou de la maltraitance, parfois eux même liés à l’homosexualité…

Que faut il faire pour mettre fin à l'homophobie ambiante permanente? A ce silence de sourd ?

Des livres? Des films ? Des reportages ? Des chansons ? Sur quoi ? Des comin'out de personnalités antillaises ? Ces antillais qui préfèrent fuir, plutôt que de "faire honte" à leur proches,plutôt que de souffrir de ce tabou? Mais comment les faire parler?

Même à des milliers de kilomètres, ils préfèrent se taire,car le malaise est dans les îles: quelle famille vivra bien le fait d'apprendre, ou que tout le monde sache, que l'un ou plusieurs des leurs, les ont quitté à cause de leur homosexualité et surtout de l'homophobie quotidienne? Car c'est l'homophobie et les homophobes le problème, pas l'homosexualité et encore moins les homosexuels...

Tout le monde sait que les homosexuels existent, mais les homophobes ne veulent pas le savoir, ne veulent pas les voir.

 On les insulte, les toise, les ri…Les phobiques les plus agressifs vont jusqu'à violer des homosexuels, c'est à se demander qui sont les vrais "PD" et les vrais "gouines", qui sont les véritables frustrés de ne pas pouvoir vivre sereinement leur sexualité...

Trop faible psychologiquement pour s'assumer face aux dictâts sociaux et religieux, ces détraqués mentaux, préfèrent "casser du PD" et/ou abuser "homosexuellement" d'une personne encore plus vulnérable qu'eux...



Alors quoi faire ? Qu'est-ce qui pourrait être efficace ? Va t-on continuer à laisser bon nombre d'entre nous quitter les îles par dépit, surtout les jeunes homosexuels, lassent d’être promis tous les dimanches, à l’enfer?...


La population des Antilles vieilli pour plusieurs raisons: Une mortalité infantile digne du "tiers monde", des accidents de la route, qui concernent et sont principalement causés, par nos jeunes alcooliques, parce que les jeunes fichent le camp: à cause du chômage, de cette idée que ce sera forcément mieux « là-bas » ET de l'homophobie.

D'ailleurs, faudrait s'interroger correctement sur l'origine de l'alcoolisme, de la consommation de drogue et de la violence de certains, il y a de grandes chances de découvrir des problèmes de frustrations et d'orientation, sexuelles; dus à des choix de vie de l'un, ou de l'autre dans les couples, en décalage avec les sentiments réels, voir en absence totale de sentiments... Des "erreurs de jeunesses", la pression sociale, religieuse, familiale, etc…

Nos îles ont plein de problèmes en tout genre... Si on prenait le temps de s’écouter et d’accepter nos différences (lorsqu'elles n'ont rien de dangereuses), on les résolverait sans s’en rendre compte… Et on ferait mieux de commencer par le problème de la sexualité, par enlever tous ces tabous idiots, ces considérations moyen-âgeuses, et ces belles paroles oecuméniques qui pourrissent la vie de tout le monde et qui sont à la base de la majorité de nos emmerdes...

A trop être frustré on s’entend pas...



Respecter les choix de chacun, quand ces choix respectent les droits de l'Homme, ça c'est "aimer son prochain comme sois-même".

Il faut combien de films, de reportages ou d'ouvrages pour le comprendre? Faut-il continuer à faire des oeuvres dénonciatrices, accusatrices, ou enfin montrer la réalité à la télé ?



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