samedi, octobre 30

LE DON DU SANG OUI,MAIS PAS CELUI DES "PD".


Aux Antilles, on manque constamment de dons, les agents de L’EFS réclament sans cesse du sang ... 


Tout le monde (sauf dans certains cas, par exemple, les convictions religieuses ou personnelles) peut bénéficier d’une transfusion sanguine. Mais tout le monde ne peut pas être donneur, ou du moins, le sang de tout le monde n’est pas accepté, ou devrais-je dire, acceptable…


Quand je lis la liste des conditions pour donner son sang, sachant les conditions sociales et sanitaires de nos îles, je comprends qu’il y ait peu de dons surtout aux Antilles…Et sûrement beaucoup de dons malheureusement inutilisables… :

§  être âgé de 18 ans à 70 ans
§  être en bonne santé
§  peser au moins 50 kg
§  ne pas avoir subi de soins dentaires (extraction, détartrage, traitement des racines) au cours des 3 derniers jours
§  ne pas avoir subi une opération chirurgicale ou une endoscopie dans les 6 derniers mois
§  ne pas présenter actuellement une infection aiguë
§  ne pas prendre des antibiotiques ou du Roaccutane
§  ne pas être revenu d'un pays tropical (zone de paludisme) depuis moins de 4 mois
§  ne pas avoir d'anémie ou prendre du fer
§  ne pas avoir été transfusé, même il y a longtemps
§  ne pas avoir subi de greffe de cornée ni de dure-mère
§  ne pas avoir dans sa famille de personne souffrant de la maladie de Kreutzfeld-Jakob
§  ne pas avoir reçu un traitement par l'hormone de croissance

Pour les femmes :

§  ne pas être enceinte ou avoir accouché au cours des 6 derniers mois
§  ne pas allaiter

Par ailleurs, si vous avez été dans l'une des situations suivantes au cours des 6 derniers mois, votre sang peut être dangereux pour les malades, même si les tests de dépistage sont normaux :

§  relations sexuelles avec plusieurs partenaires
§  relations sexuelles avec un partenaire rencontré depuis moins de 6 mois
§  pour les hommes, relations sexuelles avec un autre homme
§  relations sexuelles en échange d'argent ou de drogue
§  usage de drogue avec des seringues
§  traitement pour une maladie sexuellement transmissible dans les 6 derniers mois
§  relations sexuelles avec des personnes concernées par les points ci-dessus.

Si vous avez été dans une de ces situations dans les 6 derniers mois, ne donnez pas votre sang. En cas de doute, parlez-en au médecin:



L'entretien avec le médecin et l'examen clinique.
L'entretien médical : une étape importante

Chaque don est obligatoirement précédé d'un entretien médical et d'un examen clinique.

L'entretien avec le médecin est confidentiel et couvert par le secret médical. Il doit constituer une relation de totale confiance et de respect entre le donneur et le médecin. C'est une étape essentielle pour garantir la plus grande sécurité possible, pour le malade, comme pour le donneur.

Chaque don est testé et analysé mais les examens pratiqués sur les dons ont une limite. Il existe toujours un délai entre le moment où une personne est infectée par un virus, une bactérie, et le moment où la maladie est décelable par les tests : ce délai est appelé fenêtre sérologique.





A ce propos, j’aimerais savoir en quoi, par exemple, le sang d’un homosexuel en bonne santé, qui aurait eu des relations sexuelles protégées avec un même partenaire dans les 6 mois précédent son don, voir depuis le début de sa vie sexuelle, serait plus dangereux que celui d’un  homme hétéro qui aurait durant les 6 mois précédents eu des relations sexuelles non protégées uniquement avec sa femme?


Je suis assoiffée... d'explications...

Des études épidémiologiques prouveraient un risque de séroposivité 100 fois plus élevé chez les homosexuels masculins que chez les hétéros, et donc la raison de les "ajourner" des donneurs. Elle est citée sur le site de L’ EFS :

« La mesure d’ajournement des hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes est fondée sur les données épidémiologiques. Ces données, produites par l’Institut national de veille sanitaire (InVS), à partir notamment du Baromètre Gay et de l’enquête Prevagay, montrent une prévalence* du taux de séropositivité proche de 17,7 % parmi les homosexuels masculins (en augmentation depuis 2005, où ce taux était évalué à 14,7 %). Parmi les hétérosexuels, cette prévalence a été évaluée à 0,2 %. Le risque statistique d’être porteur du VIH est 100 fois plus élevé chez les homosexuels masculins que chez les hétérosexuels.La contre-indication liée au fait d’avoir eu des relations sexuelles entre hommes est dite permanente et non définitive. 
Cette mesure est prise en fonction de l’état actuel des connaissances et des données. Les critères de sélection des donneurs de sang sont révisés chaque année.

Garantir aux malades des produits sanguins d’une qualité et d’une sécurité optimales est une des missions de l’EFS.

L’entretien avec un médecin avant le don et les tests de dépistage sont des étapes indispensables du process de sécurisation des dons. Mais parce que les tests effectués sur les produits sanguins ne peuvent pas toujours détecter une infection récente, il est ainsi très important d’être sincère et précis lors de l’entretien médical. En fonction des réponses que vous lui apporterez, le médecin peut décider de vous ajourner, de manière temporaire ou permanente. Sa décision a uniquement pour but de protéger votre santé et celle du receveur.

 *La prévalence est une mesure de l'état de santé d'une population à un instant donné. Pour une affection donnée, elle est calculée en rapportant à la population totale, le nombre de cas présents de la maladie à un moment donné dans une population (que le diagnostic ait été porté anciennement ou récemment). »

Source :


Mais quelle étude prouve combien les couples hétéros sont infidèles, ou combien ont eu des rapports à risques avant le début de ces fameux 6 mois, et part la suite, pendant ces 6 mois ? Ne devrait-il pas y en avoir au moins une ?


Ceux qui ont fait ces calculs, ont-ils pris en compte dans leurs sondages, dans leurs calculs d'erreur, tous ceux qui ne reconnaissent pas qu'ils ont eu des rapports homosexuels ? Et ceux qui ont des rapports hétérosexuels avec des femmes ayant elles, par ailleurs, des relations avec des hommes bisexuels ?

D'ailleurs, les bisexuels, transsexuels et transgenres doivent se sentir concernés ou "l'ajournement " ne vaut  que pour les "homosexuels masculins" ?

Il me semble d'après ce que je lis, qu'une seule pratique sexuelle est visée par cette "prévalence": la sodomie. 

Qui veut faire croire au monde, au 21è siècle, que les femmes hétérosexuelles ne se font jamais sodomiser par leur(s) homme(s) ? Il y a moins de risque de séropositivité pour elles ? Pour leur(s) mec(s)? La sodomie hétérosexuelle est moins risquée que la sodomie homosexuelle ? Vraiment ?

Pourquoi, en lisant cette pseudo-étude qui satisfait probablement l'homophobie inconsciente et/ou consciente de beaucoup, ais-je l'impression que les mêmes tests de dépistage, fait très certainement dans les mêmes conditions, fonctionnent moins bien pour les homosexuels que pour le hétérosexuels? Les procédures changent? les appareils d'analyse sont homophobes ?

J'espère franchement que non, que ces appareils ont la même efficacité quelque soit le sang fourni, car hétéros ou homos il n'y a pas de détecteur de mensonges lors du don et des individus à risques, il doit bien y en avoir qui se présentent affirmant (éventuellement de bonne-foi) répondre aux critères et c'est pas écrit "virus" sur leur tête...


A mon humble avis, si la "prévalence" du VIH est plus forte dans la communauté homosexuelle masculine c'est sûrement parce qu'ils s'en soucient plus, font plus de dépistages et se montrent plus honnêtes sur le sujet lors de sondages que les hétéros...

Enfin, combien de personnes, grâce à cet "ajournement", cette homophobie, cette signification insideuse, comme quoi: "les "PD" sont des porcs, leur sang c'est de la merde", peuvent toujours « crever la bouche ouverte »par manque de dons ?

A bon entendeur ...

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